Aimez-vous votre job ?

Lors d’une conversation à l’Apéro RH de ce soir, j’ai dit à une personne avec laquelle je discutais : « Si tu veux savoir si tu aimes ton job c’est très simple : continuerais-tu à bosser si c’est toi qui avais gagné les 169 millions d’euros de l’Euro Millions ? ».

J’ai dit ça sous forme de boutade, mais à bien y réfléchir, la réponse est imparable ! Si la réponse à cette simple question est « non », alors il y a plusieurs solutions :

  • Vous occupez votre job pour gagner de l’argent. Si vous raflez la cagnotte et que vous êtes à l’abri du besoin, plus de raison de continuer
  • Vous aimez ce que vous faites mais pensez que vous aurez quand même mieux à faire avec votre argent.

Si la réponse est « oui », alors c’est que vous n’occupez pas votre job uniquement pour de l’argent mais que vous y trouvez un réel intérêt. En tout cas un intérêt suffisant pour avoir envie de continuer, même en étant riche. Mais soyons honnêtes : il y a peu de chances que vous acceptiez encore que quelqu’un vous aboie dessus, qu’il s’agisse de votre manager ou d’un collègue, parce que vous aurez une alternative qui vous permet d’éviter ce type de désagrément…. De façon réaliste, on peut probablement conserver son job même après avoir gagné le gros lot, mais moyennant quelques aménagements. Plus le nombre d’aménagements considérés est important, moins votre job correspond à votre idéal. Ou a minima, cela signifie que les conditions dans lesquelles vous l’exercez sont à revoir.

Voici quelques indicateurs supplémentaires permettant de répondre à la question initiale :

  • Lorsque vous allez vous coucher, avez-vous une appréhension, une boule au ventre, en pensant à votre journée du lendemain ?
  • Lorsque vous partez du boulot, avez-vous le sentiment d’avoir « accompli » quelque chose, d’avoir vécu des moments enrichissants, en vous disant : « today was a good day » (même sans être un amateur d’Ice Cube ;)
  • Avez-vous le sentiment que votre travail vous permet de vous accomplir en tant qu’individu, et pas simplement du point de vue professionnel ?
  • Votre job est-il en resonance avec l’une de vos passions ?
  • Quand vous êtes en vacances, passée la naturelle période de décompression, commencez-vous à repenser à tout ce que vous pourriez faire, modifier, à bâtir des projets, à « bouillonner » ? Ou vous dites-vous au contraire : si seulement je gagnais à l’Euro Millions….
  • Avez-vous des modèles ? Des gens qui incarnent ce que vous souhaiteriez devenir sur ce job ?
  • Prenez-vous sur votre temps privé pour lire, chercher des informations, apprendre quelque chose qui vous serait utile pour votre travail ? Et le faites-vous avec enthousiasme, souriant, devant votre ordi avec un petit verre à côté, ou au contraire comme une corvée dont vous avez hâte de vous débarrasser ?
  • Et que seriez-vous prêt à faire pour changer de job ? Et pour le garder ?

Ces questions peuvent sembler un peu triviales, mais finalement, ose-t-on vraiment se poser cette simplissime question ? N’avons-nous finalement pas peur de la réponse ? Et si la réponse est « non », avons-nous des options pour améliorer la situation ? Lesquelles ? Cela fera l’objet du prochain post ;)

Alex

Directeur Produits chez TalentSoft - logiciel de gestion des talents // Bloggeur via Les Talents d'Alex où j’aborde les thèmes phares des RH

7 thoughts on “Aimez-vous votre job ?

  • 15/11/2012 at 4:28
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    Merci pour cette Réflexion Alex! sur un sujet qui nous concerne tous, on s’est tous posé un jour cette question…et je suis tout à fait d’accord avec Karine, le bonheur au travail va devenir un sujet RH incontournable…
    En tout cas c’est toujours un plaisir de te lire!!
    Keep up the good work :-)

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    • 15/11/2012 at 7:00
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      Merci Marieme ! :)
      Si tu as envie d’en savoir plus concernant le bonheur au travail, je te recommande l’excellent ouvrage : les nouveaux Horizons RH ;)
      ++ et à bientôt
      alex

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  • 15/11/2012 at 2:36
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    Alexandre, merci pour ce billet que je trouve d’autant plus pertinent et suscite d’autant plus d’excitation qu’on s’est tous posé la question un jour de savoir ce qu’on ferait de notre job si on gagnait au loto ! Quant à la question du bonheur dans le travail (et par extension ds la vie en général mais ce n’est pas le thème du blog), c’est à mon avis le sujet RH incontournable des 10 prochaines années. Le mot bonheur – même et surtout au travail – ne peut être mis entre parenthèse ;)

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  • 15/11/2012 at 10:49
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    Je vois un autre argument en faveur du oui: on peut également gagner le « gros lot », ne pas apprécier son travail plus que cela, mais rester et ne rien changer parce qu’on apprécie quelques personnes et que ce serait de la lâcheté et de l’égoïsme de les laisser sur le côté, étant soi même « tiré d’affaire ».

    Par ailleurs, rester et demander des aménagements… c’est un peu se prendre pour ce que l’on n’est pas. Ok, le fait de pouvoir terminer sa vie sans salaire augmente la confiance en soi (voire permet de mettre en place un chantage malsain: si vous n’êtes pas d’accord, salut), mais de là à être traité différemment des autres, je pense qu’il vaudra mieux pour tout le monde que le grand gagnant décide de partir…

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    • 15/11/2012 at 11:57
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      Merci Julien pour ce commentaire qui met en avant de belles valeurs !

      Je suis d’accord avec toi sur ces deux points. Ce qui renvoie également à l’idée que le bien-être en entreprise (voire même de bonheur) réside davantage dans le fait d’être en accord avec ses valeurs. Et que si ce n’est pas le cas et que l’argent constitue un échappatoire salvateur, alors il vaut mieux commencer dès maintenant à lever la tête sur d’autres opportunités… sans quoi il y a peu de chance d’être vraiment heureux (dans et hors de l’entreprise).

      Rdv au prochain post pour voir ce qu’il y a lieu de faire si c’est « non » ;)
      ++

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  • 15/11/2012 at 7:38
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    Bonjour Alex et merci pour ce billet ! Effectivement, tu poses une question clé, chère au coaching dont la réponse, je le constate tous les jours avec mes clients, n’appelle pas forcément une réponse définitive type « oui ou non ».
    Difficile de savoir si l’on aime son job, ou bien son environnement de travail, le sens de sa mission, la progression dans ses capacités, la concordance de nos valeurs dans chacune de nos actions, le regard de la société… un ensemble de points qui parfois nécessite des ajustements, précis, concrets permettant – le cas échéant – de transformer une perception négative en quelque chose de plus motivant, ou bien carrément de prendre les mesures dont toute la réponse est contenue dans une autre question que l’on ne se pose quasiment jamais : « au fond, qu’est-ce que je veux ? »
    Merci pour cette réflexion,
    Pierre

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